dimanche 22 mai 2011

Vincent Ferron



C’est à la suite d’un problème de dos que le destin a conduit Vincent Ferron vers la photographie, par le biais d’un bac professionnel photographie dans un centre de reconversion professionnelle à Limoges.
Au début il photographiait la rue, les passants, la nature... Jusqu’à ce qu’un ami lui fasse découvrir une tannerie désaffectée. C’est dans ce lieu qu'il s'est senti à l’aise avec son appareil photo! Il s'est vite rendu compte que l’utilisation d’un trépied était indispensable pour ce genre de photographie : la faible lumière force à travailler en temps de pose relativement longs (de 1s à 30s). C’est une façon différente de travailler, plus longue qu’à main levée mais permettant de soigner les cadrages ainsi que les compositions. Dans ces lieux, il s’intéresse surtout à l’architecture et la végétation mais aussi à l’impact du temps sur les structures.
Il accorde autant d’importance à la prise de vue qu’au post-traitement. Cela lui permet d’effectuer un travail précis sur la colorimétrie, les virages partiels ou la superposition d’images, lui permettant ainsi de garder une certaine cohérence dans les séries d’images.

Désertification
Usines, manoirs, immeubles, châteaux, hôpitaux...
L’exploration de lieux abandonnés est une expérience particulière. Tout d’abord il y a ce silence, parfois troublant. Un calme sans vie où le temps semble s’être arrêté, laissant quelques souvenirs figés d’une vie antérieure : vêtements soigneusement pliés sur une chaise, documents administratifs, cartes postales égarées sur un bureau, photographies familiales accrochées aux murs. Tous ces éléments, ces indices, permettent quelques fois de rêver une vie passée dans ces lieux.
La photographie me permet de retranscrire les émotions ressenties au cours de ces explorations interdites, notamment cette forte impression de solitude qui s’en dégage. C’est également pour moi une recherche basée sur l’impact du temps face à l’architecture. La végétation recouvre peu à peu sols, murs et plafonds, les peintures s’écaillent. Les planchers s’affaissent lentement pour finalement ne laisser qu’un squelette architectural, une sorte de fantome engloutit par la nature et oublié de tous.

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